Entretien du ventirad GPU

Démontage, nettoyage, changement de pâte thermique, installation

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Que ce soit pour changer le refroidissement de votre carte graphique ou pour optimiser un peu les performances de votre modèle actuel, il y a quelques opérations de maintenance indispensables pour lesquelles nous détaillons la marche à suivre et les précautions à prendre.

 

Il existe deux cas de figure où l’on démonte le ventirad d’origine d’une carte graphique : soit pour le remplacer par un autre modèle, plus performant, soit pour effectuer une maintenance incluant le nettoyage et le changement des interfaces thermiques. Mais dans les deux cas, il y a une marche à suivre afin d’obtenir les meilleurs résultats sans abîmer son matériel. Car avouez qu’il serait dommage d’endommager ce bout de PCB qui a lui seul peut totaliser un millier d’euros !

Ne pas tout arracher

Le démontage du ventirad d’une carte graphique dépendra en grande partie de son niveau de gamme. Une carte entrée de gamme se contente généralement de 4 vis au dos qui retiennent la base du ventirad sur le GPU, et c’est tout. On retrouve parfois quelques vis supplémentaires qui servent à maintenir de petits dissipateurs sur la mémoire et/ou l’étage d’alimentation.

Avec l’arrivée des cartes plus cossues incluant backplates et cornières visant à rigidifier la carte, il n’est pas rare que vous n’ayez que 4 vis accessibles au dos (celles de la base du ventirad), généralement avec des têtes assez grosses, tandis que la backplate ne pourra être retirée qu’en accédant à l’autre face du GPU (celle initialement recouverte par le ventirad). En plus de cela, on retrouve parfois des vis au niveau de l’équerre PCI. Si dans de nombreux cas celles-ci visent à maintenir les diverses pièces métalliques recouvrant le PCB, elles retiennent parfois le ventirad lui-même, comme c’est le cas sur les cartes de référence Nvidia.

La plupart des GPU présente de petites résistances au bord du die et elles sont très fragiles. Attention à ne pas les endommager lors du nettoyage ou du remontage !

Notez que plus rarement, l’une des vis au dos de la carte sera totalement occultée par un sticker bien placé. Si vous croyez avoir tout enlevé, mais que les pièces ne semblent pas totalement libérées, cherchez des photos sur le net afin de repérer la vis récalcitrante. Et si vous êtes sûr qu’il ne s’agit pas d’une vis qui retient votre démontage, cela signifie tout simplement que le système de refroidissement est trop bien collé au PCB. Cela se produit d’autant plus fréquemment qu’une large surface est en contact avec le PCB. C’est par exemple le cas des larges bases qui recouvrent le GPU, mais aussi la mémoire et/ou l’étage d’alimentation, et ce peut être le cas de cartes ayant déjà beaucoup tourné, de sorte que les interfaces thermiques perdent de leur élasticité. La meilleure solution ici sera de légèrement chauffer le PCB, ce qui entraînera un ramollissement de ces interfaces thermiques. Un simple sèche-cheveux fera l’affaire, mais éviter le décapeur thermique à moins que celui-ci ne soit réglable (60 à 80°C suffiront).

Soyez très précautionneux, car on a tôt fait de légèrement arracher une puce en tirant trop fort, et cela entraîne alors des instabilités voire une mort prématurée de votre carte. Mais rassurez-vous, un peu de délicatesse et de patience seront suffisantes.

Notons au passage qu’une immense majorité de cartes utilise des vis cruciformes. Le format est assez petit, mais un tournevis de précision acheté en grande surface vous suffira dans la plupart des cas. Cependant, certaines cartes (notamment celles de référence ou équipées de waterblocks) peuvent utiliser des vis plus spécifiques : soit minuscules qui nécessiteront un tournevis vraiment fin et de qualité pour ne pas abîmer la tête de vis, soit des vis à tête creuse hexagonale ou Torqx, nécessitant donc l’utilisation de clés spéciales.

Nettoyage

Une fois votre carte entièrement démontée, il faut au minimum nettoyer le PCB. Si le but du démontage était de changer la pâte thermique, c’est par là que vous commencerez. Après plusieurs mois ou années à « cuire », celle-ci a tendance à perdre ses capacités de transfert thermique, et il vaut donc mieux la remplacer. Deux cas de figure s’offrent alors à vous. Soit la pâte thermique est encore souple (voire fluide) et un simple morceau d’essuie-tout suffira, soit elle est au contraire très dure.

A moins qu’il s’agisse d’un « gros » GPU recouvert d’un heatspreader (GF100/110, GT200), n’allez surtout pas utiliser un couteau ou une lame de rasoir, cela risquerait d’endommager le die ou les résistances placées juste à côté. Il faut plutôt ramollir la pâte, soit en utilisant le kit de nettoyage Arctic Silver ArctiClean (7 €), soit utiliser un chiffon légèrement imbibé d’acétone ou d’alcool a 90. Laissez agir quelques minutes et la pâte pourra s’essuyer facilement. Si ce n’est pas le cas, répétez l’opération.

Si le kit de nettoyage ArctiClean d’Arctic Silver n’est pas indispensable, il se révèle très utile pour es pates thermiques dures et récalcitrantes.

Faites particulièrement attention aux petits composants présents autour du die GPU. Si jamais vous mettez de la pâte thermique dessus, pas d’inquiétude, ces composés sont généralement non-conducteurs, et il vaudra mieux ne pas essayer d’ôter la pâte thermique autour des résistances sous peine de les abîmer.

Vous trouverez aussi sur le PCB ou sur le radiateur des pads thermiques, servant d’interface thermique entre la mémoire ou l’étage d’alimentation et le dissipateur. Ceux-ci ont l’aspect et la couleur d’un chewing-gum en tablette. Ils ont par contre la consistance d’une pâte a pizza non cuite. Il est donc déconseillé de les manipuler sans raison, et ils ne requièrent pas de changement sauf si votre carte tourne depuis plusieurs années. Si vous devez les remplacer, le nettoyage sera là aussi nécessaire, afin de retirer les résidus encore présents sur les composants.

Si vous installez un ventirad alternatif et que vous devez coller des dissipateurs sur les composants du PCB, il est impératif de bien nettoyer ceux-ci auparavant sans quoi les résidus laissés par les pads thermiques empêcheront la colle des dissipateurs de bien adhérer.

Enfin, n’hésitez pas à donner un petit coup de pinceau sur le reste du PCB afin d’enlever la poussière, mais évitez de passer sur les pads thermiques, ceux-ci retiendraient les particules à leur surface.

Etalage : diverses méthodes

Internet est rempli de milliers de pages et de vidéos sur la façon d’étaler la pâte thermique. Tantôt au doigt, tantôt avec une carte ou une spatule, et bien sûr avec des répartitions initiales du composé qui varient du simple amas au centre à un dépôt en croix où en carré. Tordons donc le cou à toutes ces idées reçues : si ces méthodes entraînent une différence de performance ou quelque autre paramètre, cela reste encore à prouver.

La méthode la plus fiable consiste à poser l’équivalent d’un grain de riz au centre du composant à refroidir, puis de laisser la pression de la base du refroidissement faire son office, l’excédent étant alors expulsé sur les bords de façon naturelle. Bien entendu, cela nécessite de savoir doser la quantité de pâte thermique : trop peu, et certaines zones ne seront pas recouvertes, ce qui entraînera un moins bon transfert thermique, trop de pâte thermique en revanche peut causer une surépaisseur du composé, ce qui là encore nuira au transfert thermique (idéalement, la pâte thermique n’est là que pour combler les creux).

La méthode la plus simple et la plus fi able pour étaler la pâte thermique : un petit grain au milieu de la puce à refroidir, puis laisser faire la pression du refroidissement. L’étalage se fera de lui-même.

Si vous n’êtes pas sûr de votre coup, la meilleure solution consiste à faire un essai en réinstallant le refroidissement de façon normale (voir paragraphe suivant), puis en le démontant et en analysant la répartition de la pâte thermique. Pour les pads thermiques, il faudra tout simplement les couper à la bonne taille. Ils sont eux aussi non conducteurs, de sorte qu’ils peuvent dépasser du composant à refroidir. Mais attention à utiliser la bonne épaisseur. Ces pads thermiques peuvent en effet aller de 0,5 à 5mm, et choisir la mauvaise épaisseur peut causer une absence de contact (donc un très mauvais refroidissement) ou une pression trop élevée qui peut endommager les composants, tordre le PCB ou créer un mauvais contact avec les composants avoisinants. Il y a même parfois deux épaisseurs différentes selon les zones du PCB, c’est souvent le cas avec les waterblocks intégraux.

Si vous utilisez un système de refroidissement tiers, il y a sûrement une marche à suivre détaillée dans la notice. Celle-ci consiste généralement à coller des petits radiateurs sur les composants sensibles, c’est-à-dire ceux qui étaient auparavant recouverts d’un pad thermique. Ici, il sera capital de bien nettoyer ces composants, car les résidus des pads thermique empêchent la colle d’adhérer.

Si vous installez un waterblock intégral, vous trouverez des pads thermiques pour divers éléments du GPU. Attention, ceux-ci ont parfois des épaisseurs différentes selon la zone
qu’ils sont censés recouvrir !

Serrage en quinconces

Le remontage suit exactement la même marche à suivre que le démontage, ou alors il est détaillé dans la notice d’installation du ventirad tiers le cas échéant. Inutile de serrer les vis comme si votre vie en dépendait, cela ne fera qu’abîmer la tête (maintenant ou lors d’un démontage futur). Serrez fermement, mais sans forcer. Dites-vous que ne pas serrer assez ne peut causer que de mauvaises températures, qui pourront éventuellement être rectifiées avec un tour de vis supplémentaire, tandis que trop serrer peut carrément écraser et endommager les puces sous le radiateur ou le PCB. Pour les 4 vis qui maintiennent la base du ventirad, procédez à un serrage progressif en quinconces, c’est-à-dire qu’il faut donner quelques tours de tournevis sur une vis, passer à celle qui lui est symétriquement opposée puis aux 2 autres. Autrement dit, un serrage à 6h, à 12h puis à 9h et 3h.

Une fois le radiateur serré de façon adéquate et si vous avez mis assez de pate thermique, l’excédent se voit expulsé
sur les bords du die. N’hésitez pas à redémonter la carte simplement pour vérifi er ce point, puis réitérez le nettoyage et la pose de la pâte thermique.

D’ailleurs, pour ne pas risquer d’endommager votre GPU en faisant ripper la base du ventirad, il est conseillé de poser le ventirad avec la base vers le haut, et de poser le PCB dessus, en visant les filetages à travers les trous entourant le GPU. Maintenant que vous savez y faire avec les coolings GPU, sachez que l’on procède exactement de la même manière pour tous les autres composants, mais ils impliquent généralement moins de complications.

Démontage du ventirad d’origine : un sujet qui fait polémique

Depuis environ deux ans, de plus en plus de constructeurs se sont mis à coller de petits autocollants sur la tête d’au moins une des vis retenant le ventirad d’origine de la carte graphique. Il s’agit souvent d’une des 4 vis fixant la base au GPU, mais parfois elles sont carrément dissimulées par ces mêmes stickers, comme c’est le cas sur les cartes de référence Nvidia. Une pratique qui n’est guère encourageante, puisque cela indique au constructeur si vous avez oui ou non démonté le ventirad de votre GPU. Ces mêmes constructeurs argueront que le démontage du ventirad viole leurs conditions de prise en charge en garantie, mais pour nous c’est une aberration aussi grotesque que si un constructeur de voiture vous empêchait de changer vos pneus.

Sur la GTX 1080 de référence (et bien d’autres cartes encore), on retrouve non seulement un autocollant sur la tête de l’une des vis autour du GPU, mais aussi un autre plus large qui dissimule l’une des minuscules vis maintenant le reste du refroidissement. Impossible de ne pas abîmer ces autocollants pour accéder au PCB.

En théorie, si la mention « warranty void if removed » est présente, vous pouvez dire adieu à la couverture constructeur au moment où la pointe de votre tournevis transpercera le sticker. Et même si cette mention n’est pas présente, on se doute que les services de retour seront bien plus regardants.

En pratique, cela dépendra surtout de votre interlocuteur. Un employé zélé vous renverra votre carte et entrera le numéro de série de celle-ci dans la base de données du constructeur en la blacklistant. D’autres, plus coulants, pourraient bien accepter votre retour, à condition que la carte ne montre aucun dégât pouvant découler d’un mauvais démontage/remontage du système de refroidissement, ce qui inclut un die effrité (à cause d’un serrage excessif ou mal exécuté), des puces arrachées (même partiellement, ce qui peut arriver quand on retire le ventirad s’il est en contact avec ces puces), des éléments tels que des condensateurs anormalement tordus ou des rayures profondes sur le PCB.

Dans tous les cas, si vous craignez pour votre garantie, le mieux sera probablement de s’abstenir. Mais les amateurs de watercooling de la rédac ne se sont guère privés au moment de démonter leurs GTX 1080 et GTX 980 Ti toutes neuves. Notez toutefois qu’on peut parfois acheter des cartes déjà watercoolées, soit parce qu’il s’agit de partenariat entre le constructeur et une marque de waterblocks (mais vous n’aurez alors pas le choix du waterblock), soit en passant par des revendeurs spécialisés dans le watercooling comme ce peut être le cas avec OverclockersUK ou Caseking.

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