AMD, l’entreprise qui ne meurt jamais

Des fondations à la sortie de Ryzen

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Des débuts prometteurs

Alors que tout le monde pensait AMD sur le point de mourir il y a quelques années, l’entreprise en pleine mutation redécolle. Ryzen et les nouveautés 2017 pourront-ils redorer le blason d’AMD comme à l’époque des K7 et autres Athlon 64 ?

Ryzen, Vega, Napples, il y avait des années qu’AMD n’avait pas été au centre de l’actualité comme en ce moment. Constructeur de référence pour certains, éternel second pour d’autres, le moins que l’on puisse dire, c’est que la marque ne laisse pas indifférent. Et malgré des résultats comptables à faire fuir n’importe quel analyste, l’entreprise s’accroche encore et toujours.

Après 10 ans de vache maigre, seulement conforté par quelques succès ponctuels sur le marché des GPU et surtout tenu sous perfusion grâce à l’équipement des consoles « next gen » de Sony et Microsoft, AMD prend un nouveau départ et c’est tant mieux. C’est même l’occasion pour Hardware Magazine de se pencher sur l’histoire d’Advanced Micro Devices, ses faits d’armes et les nombreuses désillusions.

Si beaucoup n’ont connu AMD qu’à partir des années 90, la société est bien plus ancienne que ça. Alors que les microcomposants explosent et avant même que ne soit inventé le premier microprocesseur, elle a été fondée en mai 1969. C’est de la démission de 8 ingénieurs de Fairchild Semiconductors que naîtra AMD, Jerry Sanders prenant leur tête comme PDG (CEO).

Une histoire qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle d’Intel puisqu’en juillet 1968, ce sont justement Robert Noyce (inventeur du premier circuit intégré utilisable) et Gordon Moore (celui de la fameuse loi du même nom) qui ont aussi quitté Fairchild Semiconductor pour fonder Intel !

Avec le recul, on peut donc considérer que la concurrence entre ces deux entreprises américaines existe depuis toujours ! Un registre par ci, un compteur-décompteur binaire par-là, une puce mémoire ensuite, l’industrie encore balbutiante des microcomposants se cherche et chaque année donne lieu à des innovations. A la fin des années 70 apparaissent les micros ordinateurs, micro par opposition aux moyens et gros systèmes d’alors dont la taille s’échelonnait entre un gros bureau et une pièce toute entière !

Siège AMD
Le siège historique d’AMD à Sunnyvale.

Quand AMD fabriquait des CPU Intel

Histoire de s’assurer des revenus réguliers, AMD a rapidement produit des chips sous licence, à commencer par ceux de Fairchild et de National Semiconductor. Sa faculté à produire dès les débuts des composants respectant les standards militaires américains a joué en sa faveur.

En 1975, l’entreprise produisait un total de 212 références dont seulement 49 étaient des designs maison. Ironie de l’histoire, AMD a fabriqué dès 1973 des puces pour le compte d’Intel ! Les premières années, tout va bien pour AMD, au point qu’en 1977 l’allemand Siemens en rachète 20% afin de pénétrer le marché américain, donnant ainsi au fondeur le cash nécessaire pour augmenter ses capacités de production.

Dès 1978, AMD a dépassé les 100 millions de dollars de ventes et, en 1979, l’entreprise entre à la bourse de New York. C’est alors un producteur reconnu de microcomposants présent sur de nombreux marchés. Quand IBM a inventé le PC en 1981, le géant a choisi de faire confiance à Intel et à sa famille de processeurs x86 née en 1978, mais à la condition expresse qu’Intel accepte de fournir une seconde source d’approvisionnement pour ses CPU. Intel et AMD ont donc signé en 1981 un accord d’échanges de technologies valable 10 ans !

C’est ainsi que durant les années 80, AMD a produit massivement des 8086, 8088 et autres 80286, pour IBM et divers concurrents ravis de trouver chez eux une version un peu moins chère que l’original d’Intel. AMD s’est même permis le luxe d’améliorer les processus de fabrication et de repousser les limites, produisant notamment le 286 jusqu’à 12 MHz alors que la version d’Intel était limitée à 8 MHz !

AMD 486 DX4-100
AMD proposait des alternatives aux CPU d’Intel vendues un peu moins cher et repoussant les limites ; jusqu’à 120 MHz sur le 486 par exemple, au lieu de 100 MHz chez Intel.

Les premiers designs maison

Pour la première fois depuis sa création, AMD rencontre des difficultés à partir de 1986. Depuis quelques mois, le marché du CPU connaît sa première crise due au dumping japonais et au manque d’innovations. Et les choses se corsent quand Intel décide de ne plus donner l’accès à ses designs à AMD, débutant par le 386.

Ça n’empêche pas AMD de réussir à sortir son Am386 après une longue étude (reverse engineering) de celui d’Intel, mais celui-ci n’arrive sur le marché qu’en 1991 ! Rebelote pour le 486, sorti en 1989 et dont le clone maison d’AMD ne voit le jour qu’en 1993 alors que le Pentium est déjà prêt.

Pour ne rien arranger, l’explosion de complexité des CPU rend l’analyse et le clonage de moins en moins envisageable. De 1,18 millions de transistors dans un 486, on passe progressivement à 3,1 millions sur le premier Pentium et carrément 7,5 millions sur le Pentium II de 1997 ! Même s’il y a de quoi sourire face aux 4,8 milliards de transistors d’un Ryzen R7, c’est quand même autrement plus compliqué que les 134 000 transistors du 286 de la belle époque.

Le changement est intervenu après qu’une rencontre arrangée par Bill Gates en personne entre Atiq Raza, patron de NexGen, une PME sponsorisée par IBM et Jerry Sanders d’AMD. NexGen, alors inconnu, est alors capable de produire un CPU du niveau d’Intel avec une équipe réduite de 60 personnes.

Ars Technica qui nous relate cet entretien dans un article de 2013 présente un Sanders absolument antipathique, expliquant à Raza durant trois quarts d’heure de monologue comment AMD allait écraser NexGen. Bill Gates avait prévenu « Jerry ne doit pas être sous-estimé, il a trois qualités : il est intelligent, très égoïste et complètement imprévisible ».

Malgré ce départ difficile, AMD rachète NexGen pour 615 millions de dollars en 1995 et confie à Raza et ses équipes le soin de concevoir les nouveaux CPU AMD et de rattraper son retard sur Intel. Après quelques mois d’adaptation et d’optimisation, le projet Nx686 donna naissance en 1997 au K6 premier du nom. Largement plus performant que les Pentium et Pentium MMX, le K6 et ses descendants luttent assez efficacement contre les Pentium II d’Intel. Pour la première fois, AMD se permet même le luxe d’introduire son propre jeu d’instructions, 3Dnow!

Historique AMD
Durant les années 70 et 80, AMD a beaucoup fabriqué pour le compte d’autres constructeurs de microcomposants, dont Intel.
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